WELLNESS - Retatrutide : le triple agoniste qui suit Ozempic et Mounjaro
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Contexte : l’ère des agonistes GLP-1
Depuis l’approbation d’Ozempic en 2017 pour le diabète puis Wegovy pour l’obésité, les agonistes des récepteurs GLP-1 ont transformé la prise en charge du poids excessif.
Mécanismes d’action : une synergie triple
Chaque récepteur joue un rôle précis :
- GLP-1 : Diminue l’appétit via le système nerveux central, réduit la prise calorique et ralentit la digestion (comme sémaglutide).
- GIP : Améliore la sécrétion d’insuline post-prandiale et la sensibilité à l’insuline, aidant au contrôle glycémique (ajouté dans tirzépatide).
- Glucagon : Stimule la lipolyse (dégradation des graisses) dans le foie, augmente la thermogenèse (dépense énergétique au repos) et réduit la stéatose hépatique – un avantage clé absent des doubles agonistes.

Sources : National Library of Medicine / VOY
Résultats détaillés des essais cliniques
L’essai pivot phase 2 (NCT04881760, 338 participants obèses sans diabète) a testé des doses de 1, 4, 8 ou 12 mg vs placebo. À 48 semaines :
- 12 mg : -24,2% poids corporel (vs -2,1% placebo).
- Améliorations secondaires : tour de taille -21 cm, triglycérides -40%, pression artérielle systolique -7 mmHg.
Un sous-groupe diabétique (281 patients, NCT05822830) confirme -16,9% poids et HbA1c -1,99%. Supériorité vs dulaglutide (Trulicity) démontrée en tête-à-tête.
Phase 3 TRIUMPH (multi-essais : TRIUMPH-1 obésité, TRIUMPH-CVOT cardiovasculaire, NCT06383390 apnée du sommeil, arthrose genou) recrute actuellement ; premiers résultats topline attendus 2026-2027, avec suivi à 5 ans. [buyretatrutide +4]
Effets secondaires : données chiffrées et gestion
Prévalence phase 2 :
- Gastro-intestinaux : Nausées 47% (12 mg), vomissements 33%, diarrhée 25% – majoritairement grades 1-2, transitoires (pic semaines 1-4), atténués par titration lente (début 2 mg).
- Taux d’abandon : 16% (12 mg) vs 2% placebo, lié à GI.
- Glucagon-spécifiques : Tachycardie +6-10 bpm (dose-dépendante, asymptomatique), hypersensibilité cutanée/rash 5-10%.
- Sérieux : 1,4% événements (cholestase biliaire, pas de pancréatite aiguë ni tumeurs C-cell comme chez rongeurs GLP-1). Hypoglycémie rare hors insuline associée ; perte masse maigre ~40% de perte totale poids (prévenus par exercice/protéines).
- Contre-indications : Carcinome médullaire thyroïde/familial, grossesse (catégorie C), insuffisance rénale sévère. Interactions : Prudence avec insulines/sulfonylurées (hypoglycémie).
Perspectives réglementaires et pratiques
Pas approuvé EMA/FDA ; dépôts attendus post-phase 3 (2027+).
Coût projeté 1000-1500 USD/mois (similaire tirzépatide).
Limites : Données long-terme manquantes (>2 ans), équité accès, rôle complémentaire à diète/exercice.
Potentiel élargi : Apnée obstructive (réduction 30-50% indice apnée phase 2), NAFLD, arthrose.
Suivi CV critique pour labellisation obésité pure.
Retatrutide illustre l’itération rapide en pharmaco-métabolisme, mais son adoption dépendra de profils sécurité définitifs et intégration holistique.
Sources :
- Retatrutide—A Game Changer in Obesity Pharmacotherapy
- Efficacy and safety of retatrutide, a novel GLP-1, GIP, and glucagon receptor agonist for obesity treatment: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials
- Retatrutide Clinical Trials
- Médicaments contre l'obésité : le retatrutide encore plus efficace que le sémaglutide pour perdre du poids
- Unleashing the power of retatrutide: A possible triumph over obesity and overweight: A correspondence